HEBDOMADAIRE Parution le JEUDI                      N° 341 du 11-03-2017

 

 

 

 
     
 

Caricatures politique 1

1902-1909

 
     
     
 

Valéry Müller est le fils aîné du journaliste Louis Müller (Vitry-le-François, ?-1930), professeur à Elbeuf, puis rédacteur en chef du Petit-Rouennais devenu La Dépêche de Rouen et de Normandie. Il a six enfants, tous deviennent artiste et écrivain : après Valéry, Charles qui, entre autres, publie une série de pastiches littéraires avec Paul Reboux, puis André, chef des informations à l’Excelsior, Pierre, sculpteur formé par Alphonse Guilloux et critique d'art au Gil Blas, Louis, rédacteur des pages littéraires du Journal, et enfin une fille, connue sous le nom d'artiste de Mme Müller y Vivero, pianiste accomplie.

 

Valéry Müller entre à l’École des beaux-arts de Rouen, et reçoit l'enseignement de Philippe Zacharie et d'Edmond Lebel, et le complète par un séjour dans l'atelier parisien de Luc-Olivier Merson. Il rejoint la Société nationale des beaux-arts en 1904. Sa première grande exposition a lieu en 1905 à la salle Legrip, chez un important marchand de couleurs rouennais où il montre 14 toiles. Son style est d'abord marqué par celui de Joseph Delattre, puis par Robert Antoine Pinchon, deux maîtres postimpressionnistes de l’école de Rouen. Outre la gouache, il pratique le pastel pour représenter de nombreux paysages normands (estuaire, vallée, installation portuaire, bâtiment historique).

 

Parallèlement, il entame une carrière de critique littéraire, de journaliste et de caricaturiste. Avec son frère Victor, il fait un bref passage au secrétariat de chez Stock4 en 1901. Puis il livre quelques dessins à des périodiques comme Frou-Frou, Le Rire, La Caricature, Le Petit illustré amusant et Le Petit Français illustré (destiné à la jeunesse).

 

Dès 1902, Müller se montre sensible aux idées anarcho-syndicalistes, sans doute sous l'influence de son père qui était membre du parti radical-socialiste, dreyfusard et progressiste. De 1902 à 1909, il participe à l’Almanach illustré de la révolution, en lien avec Jean Grave, illustrant aussi des cartes postales militantes.

 

En 1903, il exécute quelques affiches pour Chaix et illustre quelques ouvrages à portée pédagogique.

 

En 1906, il compose un numéro entier de L'Assiette au beurre intitulé « Rouges et jaunes » 5, mettant en scène toute l’ambiguïté du militantisme syndicale et ses limites à travers de puissants dessins où patrons et ouvriers déterminés (les rouges), suite aux mouvements des grandes grèves des années 1900-1905, s'opposent sur la question des personnels non-syndiqués (les jaunes)6. Par ailleurs, il écrit aussi dans L'Humanité dont il est un temps le secrétaire, avant de prendre la direction d'un journal régional, L’Éclaireur de Dieppe.